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Ensemble de lancement Diamant

Diamant est le premier lanceur de satellites français réalisé à partir de développements effectués pour un missile stratégique. Un premier étage doté d'un moteur à ergols liquides, deux étages à propergols solides, plus un troisième étage non piloté et un satellite forment le lanceur Diamant-A (A pour Armée). Hauteur : 18,94 mètres et masse totale : 18,4 tonnes.

Pas de tir Brigitte sur la base de lancement d'Hammaguir

Préparation finale du satellite A1 dit Astérix, qui tourne toujours autour de la Terre ! Crédit : SEREB – Archives CNES

Le premier lancement est programmé le 26 novembre 1965 depuis la base de lancement saharienne d'Hammaguir près de Colomb Béchar en Algérie. A son bord, Diamant emporte le satellite expérimental Astérix de 42 kilogrammes qui a pour mission de vérifier le fonctionnement du lanceur. Cet événement permet à la France de rentrer, après l'Union soviétique et les Etats-Unis, dans le cercle très fermé des nations capables de mettre en orbite un satellite de manière autonome. La troisième puissance spatiale mondiale était née.

Après trois nouveaux succès en 1966 et 1967, l'indépendance algérienne, régie par les accords d'Evian, oblige alors la France à abandonner la base de lancement d'Hammaguir. Le CNES travaille à l'élaboration d'un lanceur plus performant : Diamant-B, avec la capacité d'envoyer jusqu'à 115 kilogrammes au lieu de 80 pour sa petite sœur.

An 1968, le site Diamant est déjà en chantier à Kourou. Il devient opérationnel le 10 mars 1970 avec le lancement réussi de la première fusée Diamant-B emportant le satellite allemand Dial.



© CNES/CSG Service Optique, 1970

 

Lancement du lanceur Diamant B-2 depuis le Centre Spatial Guyanais (site Diamant), le 12 décembre 1970.

 

Il a placé en orbite le satellite Péole, qui avait à la fois une mission technique (mise au point du lanceur Diamant B et essai de certain équipements du futur satellite Eole) et scientifique (mesures géodésiques par laser dans les zones équatoriales).



Site de lancement Diamant

Ensemble de lancement Diamant à Kourou

Sur l'ensemble de lancement Diamant, le hall d'assemblage du lanceur et la tour de montage sont regroupés et reliés par un sas, avec le local abritant le banc de contrôle. Ceci afin d'améliorer le rendement des équipes et de réduire la durée de la campagne de préparation du lanceur. Les accès au lanceur érigé sur la table de lancement sont facilités par des plates-formes articulés solidaires de la tour de montage. Cette dernière et le sas de liaison sont reculés d'environ 50 mètres pour permettre le lancement. Cette conception est néanmoins caractérisée par la vulnérabilité des bâtiments et équipements situés à proximité du pas de tir.

Les programmes Diamant ont été une incontestable réussite : 10 succès sur 12 lancements, dont 5 à partir du CSG. Cette maîtrise du développement des lanceurs Diamant a permis au CNES de se familiariser avec la technologie des lanceurs. Ces importantes expériences scientifiques et la mise en place de structures nouvelles ont hissé la France au rang de pionnier de la construction de l'Europe spatiale.

Le programme Diamant est abandonné et le site désaffecté en 1976. A partir de décembre 1998, le site accueille une station de transit des déchets industriels. Trois bâtiments ont été mobilisés pour le stockage des Déchets Industriels Spéciaux (DIS) qui y sont pré triés, étiquetés et préparés en vue de leur expédition pour traitement. Le site était également utilisé pour le stockage des propulseurs d'appoint d'Ariane 4 après leur récupération.

Visite virtuelle du site Diamant http://static.zooomez.fr/medias/csg/diamant/



Salle de lancement de la fusée Diamant-B au centre spatial guyanais © AFP