Pollution orbitale
La circulation devient de plus en plus "difficile" dans notre espace circumterrestre, quelques éléments de réflexion tout à trac !

Quelques estimations
A ce jour, 12 000 débris de plus de 10 cm sont catalogués sur les différentes orbites par le réseau américain. Ils étaient 9100 en 2007. Les débris compris entre et 1 et 10 cm se comptent par centaines de milliers, ceux entre 0,1 et 1 cm par dizaines de millions, les particules inférieures au millimètre n’étant pas comptabilisables.
A une altitude de 940 km, les débris d’un diamètre supérieur à 0,1 cm engendrent plus d’impacts que les météorites qui constituent l’environnement naturel. Ils font encourir bien plus de risques à ceux qui orbitent dans leur environnement qu’ici bas. Au total, cet ensemble hétéroclite pèserait près de 5 000 tonnes sur plus de 20 000 tonnes lancées.
30 ans d’exemples, au sol ou "en l’air"
- 24/01/1978 : chute du satellite russe Kosmos 954, avec la particularité de posséder un réacteur nucléaire. Pollution de 600 km² du Grand Nord canadien. Chute de 2 autres satellites de la série en 1983 sur l’Afrique du Sud et dans l’Océan Indien.
- 11/07/1979 : rentrée atmosphérique du laboratoire abandonné américain Skylab : environ 20 tonnes de débris n’ont pas brûlé pour atteindre le sol de l’Australie sur plusieurs milliers de kilomètres.
- 1991 : chute de la station russe Saliout 7 dont on a retrouvé quelques éléments non brûlés à quelques centaines de kilomètres de Buenos Aires.
- 21/07/1996 : le mât de stabilisation du satellite Cerise est coupé en deux par un débris issu d’une explosion d’un étage d’Ariane lancé 10 ans plus tôt. Première collision officielle d’un satellite actif avec un débris.
- 23/03/2001 : rentrée atmosphérique contrôlée de la station russe Mir dans l’Océan Pacifique, sur un couloir maritime de 6 000 km de long sur 200 km de large.
- 11/01/2007 : démonstration de force, la Chine détruit volontairement un de ses satellites météo obsolètes avec un missile sol. Plus de 1500 débris >10 cm catalogués.
- 17/02/2007 : suite à une panne moteur, l’étage supérieur russe Briz-M n’a pu opérer la passivation fluidique. Condamné à errer dans l’espace réservoirs pleins, il a explosé, peut être à cause d’un autre débris. Plus de 1000 débris >10 cm catalogués. « Il est intéressant de noter que suite à la mauvaise injection du satellite, des efforts importants ont été effectués pour désorbiter le satellite Arabsat 4A, désormais inutile ; ces efforts pour enlever un seul objet de l’espace doivent être mis en rapport avec le millier de débris produits par simple négligence. » remarque l’ouvrage « Pollution spatiale sous surveillance »
- 10/02/2009 : premier heurt entre deux satellites : un satellite militaire russe inactif de 900 kg a malencontreusement croisé la route d’un satellite de télécommunications américain de 560 kg, en fonction. Près de 1000 débris >10 cm identifiés.
- 12/02/2009 : le risque de collision de la Station Spatiale Internationale avec des débris ayant été identifié trop tard pour une manœuvre d’évitement, les astronautes à bord ont du se réfugier brièvement dans leur vaisseau de secours Soyouz.
- 24/02/2009 : suite à l’échec du lancement, le troisième étage du lanceur Taurus contenant le satellite américain de détection du CO2, est retombé dans l’océan Arctique.

Les géocroiseurs, ces objets qui croisent la Terre
Lundi 2 mars 2009, l’astéroïde 2009DD45 a "frôlé" la surface de la Terre à quelques 72 000 km, soit seulement un cinquième de la distance Terre-Lune. A l’échelle astronomique, autant dire rien. Notons qu’en 2004, son compère 2004FU162 était passé dire bonjour à seulement 6 500 km. Avec un diamètre estimé entre 21 et 47 mètres, à une vitesse de 31 000 km/h, l’impact de 2009DD45 sur la planète aurait pu être comparable à la catastrophe du 30 juin 1908 en Sibérie. La chute d’une météorite avait alors causé une gigantesque explosion, dont l’énergie était équivalente à mille fois la puissance de la bombe tombée sur Hiroshima, ravageant faune et flore sur une surface de 2000 km².
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