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Gérer les débris d'Ariane


Coiffe d'Ariane du lancement V42 - Mars 1991

A ce jour, un lancement au Centre Spatial Guyanais autorise à l’opérateur de lancement un débris en orbite par charge utile injectée (dernier étage plus l’adaptateur en cas de plusieurs charges utiles), quand ce seuil est ramené à zéro pour l’opérateur satellite : le seul débris sera le satellite lui-même en fin de vie. Charge au concepteur de développer une architecture intelligente pour respecter cette nécessité et atténuer les impacts potentiels, par exemple en disposant les équipements fragiles derrière d’autres moins sensibles ou en les renforçant de kevlar ou autre.

Sachant que chaque Etat peut être engagé pour tout dommage causé par un objet spatial lancé depuis l’une de ses bases, en tant qu’Etat de lancement, la France a confié la surveillance des risques de retombées d’étages de lanceur au CNES/CSG tandis que le CNES Toulouse assure le suivi de 15 satellites pour prévenir tout risque de collision. 
Responsable de la sécurité des personnes et des biens au CSG et à Kourou, le CNES/CSG intègre une doctrine et un règlement sauvegarde particulièrement pointus pour gérer au mieux les risques de retombées des étages et autres éléments du lanceur, au même titre que le risque toxique potentiel. Ce règlement sert d’ailleurs de base de travail pour édicter les décrets et arrêtés associés de la Loi Spatiale,adoptée en juin 2008.

La politique de retombée des étages du Port Spatial de l’Europe

Chaque lancement fait l’objet d’une analyse de mission. Le service Sauvegarde du CNES/CSG garantit une zone de retombée de tous les étages en mer, quel que soit le lanceur. Charge à l'opérateur de fournir toutes les informations pour déterminer les éléments de retombée.  La Sauvegarde du CNES/CSG est alors tenue d’informer les autorités maritimes et aériennes de la zone de risque de retombée spécifique à chaque mission. Si le trafic aérien est dès lors contrôlé dans le couloir de la dite zone, le trafic maritime est laissé à la libre appréciation du capitaine du navire.
 
Concernant une mission type d’Ariane 5 en orbite géostationnaire, le lanceur va larguer ses boosters, sa coiffe, l’EPC. (Etage Principal Cryotechnique). Seuls l’EPS (Etage à Propergol Stockable ou dernier étage), l’ESCA (Etage Supérieur Cryotechnique version A) et les adaptateurs de charges utiles (éléments SYLDA - Système de Lancement Double Ariane 5) r
estent sur l’orbite de transfert géostationnaire.  l’EPS ou l’ESCA, est "passivé", c'est-à-dire que les vannes qui vidangent le reliquat d’ergol des réservoirs sont ouvertes, pour assurer qu’il n’explose pas. Conséquence de l’accident survenu au satellite Cerise entré en  collision avec les fragments issus de l’explosion d’un réservoir Ariane, cette mesure fait partie intégrante de la procédure lanceur Ariane 5.

Même procédure pour Soyouz et Vega

A l’instar d’Ariane 5, Vega suivra exactement la même procédure de passivation des étages avant leur retombée en mer. Pour Soyouz, les Russes ont rajouté des vannes sur les 4 propulseurs d’appoint. En cas de nécessité de neutralisation, la chaîne de passivation prévoit d’ouvrir ces vannes pour vidanger un maximum d’ergols et permettre par la suite à l’eau de s’y engouffrer et  faire ainsi couler la structure.

Quand les débris du CSG retombent

La première fois c'était un morceau de coiffe de V35. Elle avait échoué à la Barbade. Ce fut également par la suite le cas à la Martinique, au Guyana et à Trinidad. Sur la plage de Kourou,  c'était un élément d’un panneau anécoïde destiné à amortir les sons sur la coiffe. Elément léger qui ne coule pas, la coiffe ne constitue pas vraiment un danger pour la navigation maritime mais elle dérive avec les courants. Bien que tout soit fait pour que les débris retombent en mer, l’aventure spatiale à Kourou a régulièrement créé quelques surprises. Lorsqu’un  élément d’Ariane 5 gagne les côtes des Guyanes, le CNES/CSG le récupère tant que faire se peut, notamment pour annihiler toute dangerosité.  Il s’agit essentiellement de s’assurer de l’inertie pyrotechnique de l’élément. Le CNES/CSG demande généralement le concours des forces armées pour la récupération ou l’évacuation. Sauf campagne de récupération des accélérateurs à poudre Ariane 5 tous les deux ou trois ans pour des besoins d’expertise, les éléments lourds qui ont donc coulé,  sont peu à peu transformés en récifs artificiels par l'environnement marin.


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