Les applications du Spatial L'environnement Le CNES et la Guyane
Rechercher
Travailler au CSG
Médiathèque
Glossaire
Contacts
Liens utiles
Musée de l'Espace
Jeunesse
Tous les Dossiers
Le Port Spatial de l'Europe

Ensemble de lancement Ariane N° 2

La construction d’un nouvel ensemble de lancement destiné aux lanceurs Ariane 3 et surtout Ariane 4 est décidée en août 1981 pour répondre à deux exigences majeures : cadence et souplesse. Réalisé par le CNES pour le compte de l'ESA et confié en exploitation à la société Arianespace, ce nouveau complexe doit s’adapter parfaitement à l'évolution significative du lanceur Ariane et permettre d'effectuer jusqu'à 10, voire 12 lancements par an.

Après 2 ans d'études préliminaires, la construction (à 2 km au Nord de la station météo) dure un peu plus de 2 ans et mobilise 500 personnes. La qualification opérationnelle de l'ELA 2 est obtenue en mars 1986 avec le lancement d'une Ariane 3 (V17). Après adaptation des moyens, la première Ariane 4 y est lancée avec succès le 15 juin 1988. 

Description des installations

Cet ensemble de lancement est d'une conception originale : le lanceur n'est plus assemblé sur la zone de lancement, mais érigé sur une table mobile en zone de préparation située en arrière du pas de tir. Les deux zones sont reliées entre elles par une double voie ferrée de 950 mètres, le transfert des lanceurs est assuré par des tables de lancement mobiles se déplaçant sur cette voie ferrée.

L'utilisation en parallèle de ces deux zones permet l'exécution simultanée de deux campagnes de lancement avec un intervalle de 3 semaines entre deux lancements. Pendant qu'un lanceur était érigé, assemblé et contrôlé en zone de préparation, le lanceur précédent, amené érigé sur sa table de lancement mobile en zone de lancement, subissait les dernières opérations de contrôle avant lancement.

Zone de préparation

Les différents éléments du lanceur sont acheminés par bateau en Guyane depuis les entreprises industrielles européennes qui les produisent. Ils sont ensuite transférés par voie routière depuis l’appontement de Pariacabo jusqu'à la zone de préparation ELA 2.

Cette zone comprend :

  • Hall de déstockage
    • Stockage des conteneurs des étages du lanceur 
    • Destockage et contrôle d'aspect des éléments du lanceur
  • Hall d'érection
    • Mise à la verticale des étages et des propulseurs d'appoint à ergols liquides (PAL)
    • Destockage de certains matériels (case à équipements, carénage...)
  • Dock d'assemblage
    • Intégration mécanique sur la table mobile, des trois étages du lanceur, des propulseurs d'appoint à ergols liquides, de la case à équipements
    • Mise en place et raccordements électriques et fluides de la table
    • Mise en place des éléments pyrotechniques (sauf propulseurs d'appoint à poudre)
    • Contrôles électriques, d'étanchéité et des moteurs
    • Pressurisation des réservoirs.

La durée moyenne des opérations en zone de préparation est de 15 jours.

Zone de transfert

Le chemin de roulement
Le lanceur est ensuite transféré de la zone de préparation à la zone de lancement sur sa table, grâce à une double voie ferrée large de 9 m et longue de 950 m. Au milieu de la voie ferrée, une plate-forme tournante sur coussin d'air et une voie de dégagement permettent le croisement des deux tables.

Les tables mobiles de lancement
Deux tables mobiles, pesant environ 500 tonnes, sont utilisées pour les lanceurs Ariane 4. Le lanceur est assemblé verticalement sur la table de lancement. La table sert de support mécanique au lanceur mais permet aussi son raccordement électrique et fluide aux équipements au sol, tant en zone de préparation qu'en zone de lancement.

Zone le lancement (ZL 2)

En zone de lancement, pendant deux semaines environ, les opérations suivantes sont effectuées :

  • contrôle final du lanceur 
  • érection et contrôle de la charge utile (satellite) 
  • assemblage de la coiffe et de la charge utile 
  • raccordement aux moyens sol, remplissage en ergols et fluides 
  • éventuellement, érection des propulseurs d'appoint à poudre 
  • préparation au lancement, chronologie et lancement.

Cette zone comprend :

  • Un massif de lancement constitué de 12000 tonnes de béton sur lequel venait s'ancrer la table de lancement. Deux carneaux permettaient le détournement des jets des moteurs du premier étage et des propulseurs au moment du décollage et, en cas de fuite, assuraient la récupération et l'évacuation des ergols vers une cuve de rétention.
  • Le portique de servitude de 80 m de haut pour un poids de près de 4000 tonnes. C'est le plus grand ensemble roulant réalisé par l'Europe. Accolé à la tour ombilicale avec laquelle il forme une enceinte fermée, il assure la protection du lanceur contre les intempéries et permet la climatisation de l'environnement du lanceur. Un système de plates-formes permet l'accès aux différents niveaux du lanceur, pour :
    • mettre en place la charge utile et la coiffe sur le lanceur
    • mettre en place et gérer les propulseurs d'appoint à poudre (PAP)
    • finaliser les opérations sur la case à équipements
    • terminer les opérations de pressurisation.
  • La tour ombilicale. Cette tour fixe de 74 m ancrée au massif et située à 12 m du lanceur permet :
    • de supporter les bras cryogéniques de liaison avec le troisième étage
    • d'assurer les liaisons électriques, fluides et pneumatiques entre le lanceur et les installations sol.

Centre de lancement (CDL 2)

Bâtiment blindé à deux niveaux recouvert d'une dalle de béton de 2 m d'épaisseur et d'une couche de terre de 4 m, il constitue une zone de repli capable d'abriter les équipements et le personnel opérationnel jusqu'au décollage du lanceur. S’y déroulent le contrôle et la commande à distance des circuits électriques et fluides, et la surveillance à distance du lanceur et de son environnement, en particulier pendant la chronologie de lancement.

Stockage

Les installations de stockage d'ergols sont situées à distance de sécurité de la zone de lancement et reliées au lanceur par un important réseau de canalisations. Environ 5000 composants (vannes, clapets, soupapes...) et 20 km de liaisons permet la distribution de ces fluides. 

Démantèlement

 L’ELA 2  d’Ariane 4, fut exploité de 1986 à 1989 à une cadence de 8 à 9 lancements et même 10 à 11 par an. Prévu initialement pour 100 lancements, L’ELA 2 connaît son dernier vol le 15 février 2002 avec  le lancement de la dernière Ariane 4, V159. L’ ELA 2 s’est parfaitement adapté aux différentes versions d’Ariane, mais  l’usine à lancer, connaît  un défaut : la fragilité  de son portique mobile et des bras cryotechniques en cas d’incident. De ce constat, vont naître les innovations adoptées pour la conception de l’ELA 3. En 2004, un vaste chantier de redéploiement du site est entrepris. La partie supérieure de la tour ombilicale, le portique, les tables de lancement, le toit du dock et le bâtiment d’essai à étage lourd sont démontés, tandis qu’une nouvelle zone de stockage ergol sort de terre. L’objectif est d’assurer sur une surface de 12 000 mètres carrés, le stockage de  70% des besoins pour une année de lancement.

(CNES, ESA, ARIANESPACE, 2004)

 

Haut de page