Convention et concertation
1990. La Base est en effervescence. En pleine période de montée en puissance des cadences de lancement, alors que les salariés sont toujours plus sollicités, il est fait état de disparités importantes entre leurs conditions de travail. Dans un même service rattaché à une même direction, les traitements en termes de rémunération, de temps de travail et d’évolution de carrière connaissent des différences non négligeables en fonction de l’entreprise d’appartenance. Pour s’adapter aux nécessités opérationnelles de compétitivité et répondre à l’incompréhension grandissante des salariés du site, une harmonisation des conditions de travail apparaît donc nécessaire.
Le 18 mai 1990, au terme de longues négociations entre les instances syndicales et les entreprises de la base, un cadre réglementaire visant à harmoniser les mesures sociales en vigueur sur le site -la désormais bien connue Convention de Site et de la Profession (CSP)- voit donc le jour. Quelques mois plus tard, le 10 septembre 1990, conformément au dernier point de la convention qui prévoyait « la mise au point de structures et de modalités de concertation permanente entre les Directions et les Organisations Syndicales représentatives », les entreprises signataires se regroupent sur la base d’une Association Loi 1901. L’Union des Employeurs de la Base Spatiale est née.
Organe représentatif de l’ensemble des signataires, l’instance affirme pleinement sa vocation d’interlocuteur unique des organes syndicaux et autres partenaires sociaux. Par ailleurs, elle assigne d’emblée à ses adhérents un objectif commun à la fois pragmatique et ambitieux, inscrit en tête de ses statuts : « assurer entre [les employeurs] une liaison et une coordination permanente » nécessaire à garantir la mise en œuvre pratique et raisonnée de l’harmonisation sociale.
Inscrite dans un mouvement de concertation globale, l’UEBS a depuis lors amplement démontré l’importance de sa contribution à la cohésion sociale sur la Base, et ce, même après que la renégociation de la convention de site en 2006 ait quelque peu changé la donne entre ses signataires. Dans la mesure où Arianespace et le CNES restaient les seuls signataires d’une convention conçue comme un cahier des charges social imposé contractuellement à leurs fournisseurs, il devenait inévitable d’adapter les conditions d’adhésion à l’UEBS : les adhérents ne seraient donc plus désormais les signataires de la CSP, mais les entreprises de la Base Spatiale. Pour autant, cette modification toute formelle n’a en rien entamé la mission fondamentale de l’association. Au contraire, selon le responsable Relations Sociales Base : Depuis le passage aux Contrats Industriels, l’espace de coordination et de dialogue que représente l’UEBS entre toutes les entreprises de la Base est plus que jamais nécessaire. Il ne faut en effet jamais perdre de vue le fait que tout le monde travaille ensemble, dans une même direction. De ce point de vue, quelle que soit l’organisation prévalant actuellement sur la base, elle fait face aux mêmes interrogations, aux mêmes questions sociales que par le passé. Pour garantir la meilleure visibilité sur les questions sociales communes, il est plus important que jamais de garantir une coordination, à la fois descendante et transverse, entre les différentes entreprises qui concourent à la réalisation de notre objectif final.
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