Le CNES/Centre Spatial Guyanais accueille l’ATV Jules Verne, après une traversée d’environ 12 jours sur le bateau MN Toucan. Il passera les 6 prochains mois dans les installations du Centre Spatial Guyanais, pour les différentes opérations nécessaires avant son départ en janvier 2008.
Pour chaque campagne de lancement Ariane, le CNES a pour mission de garantir la bonne adéquation des moyens mis en œuvre au profit de l’opérateur de lancement et des clients satellites (Ensemble de Préparation Charges Utiles (EPCU), Mesures et Sauvegarde), puis d’en coordonner l’activation pendant la campagne, les phases de préparation et le lancement.
Pour accueillir l’ATV Jules Verne, le Centre Spatial Guyanais a fait évoluer certains de ses installations et moyens. Les services techniques du CNES coordonnent l’ensemble du plan de développement de ces adaptations : les systèmes de Télémesure, de Localisation et Sauvegarde Vol, l’EPCU S5 et le laboratoire d’analyses Chimie.
L’évolution de l’EPCU S5 et du laboratoire de chimie
Pendant 5 mois, l’ATV est installé dans les bâtiments de l’EPCU S5 exploités par le CNES, pour mener les opérations spécifiques de contrôle et d’intégration, puis de remplissage, avant le lancement.
L’ATV est préparé au S5C, bâtiment de 700 m2 qui permet les travaux non dangereux de préparation. Après 3 mois et demi, l’ATV rejoint le S5B, bâtiment de 400m2, qui permet le chargement en carburants. Le S5B est la première installation du CSG à permettre le remplissage de véhicules spatiaux avec des ergols russes. Pour s’adapter à leurs spécificités, le laboratoire chimie, exploité par le CNES, a fait l’acquisition de nouveaux moyens d’analyse (analyseurs et filtres spécifiques, capacités d’échantillonnage des gaz, gaz étalons, débitmètres) et a développé de nouvelles méthodes.
L’évolution du système télémesure et sauvegarde
Du décollage à la fin de la mission, le lanceur est suivi et localisé grâce à un ensemble de moyens optiques, de télémesure et de localisation radar, mis en œuvre sous la responsabilité du CNES.
Pour atteindre la Station Spatiale Internationale depuis le Centre Spatial Guyanais, Ariane 5 parcourt une longue trajectoire. Sa mission d’environ 2 heures 30 se déroule en cinq phases :
- une première phase de propulsion au-dessus de l’Atlantique Nord, de Kourou jusqu’aux Açores ;
- une première phase balistique, au-dessus de l’Europe, de l’Asie centrale et orientale, puis de l’Indonésie ;
- une deuxième phase de propulsion au-dessus de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, pour circulariser l'orbite avant de séparer l’ATV ;
- une seconde phase balistique, sur une orbite complète, autour de la Terre ;
- une troisième phase de propulsion, au nord de l’Australie, pour freiner et permettre ainsi la rentrée de l'Etage à Propergols Stockables (EPS) dans ll'Océan Pacifique.
Pour assurer la transmission des données de télémesure pendant les phases de propulsion, des adaptations du système de télémesure sont nécessaires et le réseau des stations aval est complété, dans la zone atlantique nord et en Océanie ; le réseau complet est constitué de :
- la station fixe du CNES à Galliot (Kourou), station habituelle du réseau Ariane,
- la Station Navale Ariane (SNA), station mobile positionnée dans l’Océan Atlantique,
- une station fixe, installée à Monte das Flores aux Açores,
- une station fixe à Adélaïde en Australie,
- une station mobile installée à Awarua en Nouvelle-Zélande,
- une station fixe à Dongara en Australie.
Depuis 3 ans, le CNES a joué le rôle d’architecte pour constituer ce réseau de stations (identification des zones géographiques, repérage sur site, contrats avec les prestataires). Jusqu’à la fin de la mission d’Ariane le jour du lancement, les équipes du CSG s’assurent du bon fonctionnement du système télémesure (mise en place, vérifications, transmission des données).