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Le réseau de stations aval


Afin de couvrir toute la trajectoire d'Ariane, le CNES/CSG dispose d'un réseau de stations aval dont les antennes se relaient au fur et à mesure de la progression du lanceur.

Dans l’ordre, nous obtenons le réseau suivant :  Galliot,  Natal au Brésil, Ascension dans l’Atlantique Sud, Libreville au Gabon et Malindi au Kenya. La transmission des informations entre les stations et différents centres est assurée par le système de télécommunications « Systa Transport ». Tous les systèmes sont étudiés pour être en redondance  afin d’en assurer au mieux la disponibilité : il faut à tout prix rester en liaison avec le lanceur et demeurer maître de la chaîne de neutralisation.

 

Le système télémesure de la Montagne des Pères se décompose en trois sous-systèmes :

La station Galliot

La station Galliot proprement dite est entièrement dédiée à Ariane. Autour de l’antenne Stella 43, qui réceptionne le signal du lanceur (à raison de 1 Megabit par seconde pour Ariane 5, c’est-à-dire un million de « 0 » ou de « 1 » par seconde…), un important équipement informatique enregistre les données puis les transforme avant de les envoyer au SCET.

NB : chaque station aval est dotée des mêmes équipements que la station Galliot.


Le Système d'Exploitation des Télémesures

Le SET , Système d’Exploitation des Télémesures, comprenant notamment le SCET (Système de Centralisation et Exploitation Télémesure Ariane 5), constitué de calculateurs qui centralisent les informations de toutes les stations Télémesure, leur assure un pré-traitement informatique avant de les diffuser en temps réel (CVI) vers la Sauvegarde, Arianespace et la Localisation.


La station de poursuite satellites

La station de poursuite satellites, entièrement automatisée autour de l’antenne Star 45 du réseau 2 GHz du CNES, et de l’antenne KuK, fonctionne en permanence au profit du réseau de poursuite du Centre Spatial de Toulouse pour la mise à poste et le maintien à poste de certains satellites. Par ailleurs, en lancement, elle est utilisée en redondance avec la station Galliot pour assurer la réception du signal.

La plupart des missions d’Ariane consistant à mettre sur orbite de transfert géostationnaire des satellites de télécommunications,  plus de 95% des lancements sont effectués vers l’Est.

Depuis les années 1980, le CNES et l’ESA s’emploient à mettre en place sous cette trajectoire type, un réseau de stations dédié à Ariane, de Kourou jusqu’en Afrique Orientale. Pour ce faire, iI existe un Responsable Technique de la Télémesure au CSG qui coordonne également techniquement la mise en œuvre du réseau de stations aval. Quotidiennement, il est à l’écoute, certes de Galliot à Kourou puisqu’il y est basé, mais aussi de Natal au Brésil, d’Ascension dans l’Atlantique Sud, de Libreville au Gabon, et de Malindi au Kenya. Lors d’un lancement, cette chaîne d’un continent à l’autre permet de rester en contact permanent avec le lanceur, avec si possible des zones de chevauchement : une antenne acquiert le signal d’Ariane à l’horizon alors que la précédente ne l’a toujours pas perdu.

Autorisations régies par des accords entre l’ESA et le gouvernement concerné, l’exploitation des moyens Télémesure des stations est déléguée au CNES moyennant un protocole avec un tiers (voir schéma). L’élaboration et le suivi de ces contrats d’exploitation est par ailleurs effectué par le Chef de Service Acquisition Mesures du CNES/CSG, SDO/AM.

Dans ce melting-pot de conventions et d’interlocuteurs, si par contrat le français est de mise en phase opérationnelle, au quotidien les techniciens communiquent par tous moyens, jonglant entre « franglais », franco-brésilien et inversement.

 

Entièrement dédiée à Ariane, seule la station de Libreville accueille en permanence un responsable CNES et un technicien du CPI Télémesure. Ils doivent absolument être polyvalents car la maintenance du matériel mis en place leur incombe. En campagne nominale, un troisième agent CPI est envoyé en renfort durant trois semaines, de la préparation à la fin de mission.

Lancements atypiques

Pour des raisons de sauvegarde, le CNES/CSG n’effectue aucun lancement vers le Sud, où le lanceur devrait survoler le Brésil. En cas de tir vers le Nord-Est ou vers le Nord, pour la mise sur orbite de satellites héliosynchrones comme Spot ou Helios, il faut trouver des stations sous le parcours du lanceur, compatibles avec la télémesure Ariane 5, conclure des accords avec les responsables étrangers. Pour les tirs déjà réalisés vers le Nord, des conventions ont été signées avec l’Agence Spatiale Canadienne, pour l’utilisation de Saint-Hubert sur la côte Est et avec les Etats-Unis, pour l’utilisation de Wallops, une île proche de la Floride, sur la côte Est également. Enfin, des accords ont été négociés pour l’utilisation de la station de South Point à Hawai ainsi que pour l’utilisation de  la station de Dongara, sur la côte Ouest de l’Australie, à l’occasion du lancement Rosetta. Il existe quatre kits Ariane 5 transportables pour assurer l’interface avec les antennes locales et les systèmes de réception Ariane 5. Mais c’est un dispositif complexe car il s’installe au coup par coup et réclame un temps de préparation accru. En effet, pour les lancements d’Envisat et d’Hélios, il a fallu déployer des moyens jusqu’à la station de Svalbard, archipel norvégien de l’Océan Arctique. 


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