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Les grandes étapes de la station


Bruno Jacquemin, responsable du service météo du CSG, relate les grandes étapes de la station météo...

Chutes d’eau ou grand beau, de Météo-France à l’OTAN, en passant deux fois par le CSG, Bruno se fait le complice de la météo depuis près de 20 ans. Son grand plaisir ici :  les ciels de Guyane. Lorsque la chronologie le lui permet, il sort et fait le tour du site pour décompresser, tout en gardant un œil sur la chrono. Derrière son bureau, il est vrai que les choses ont changé ici depuis le début. En fait, au fur et à mesure que la sauvegarde affinait ses procédures, la météo développait ses outils pour fournir les données requises.  Puis il se lève et se dirige dans le couloir principal de la station, jusqu’à l’endroit délimité par un parquet, dont l’aspect quelque peu opaque laisse présager d’un âge certain. Michel Rameau, à la météo depuis 1967, lui a expliqué qu’il s’agissait du plus ancien bâtiment de tout le site, où siégeait le Directeur à l’époque de Véronique. Après la salle de prévision aux nombreux écrans et la tour d’observation vitrée, il repart à l’autre bout du couloir et s’arrête devant une lourde porte de la salle du radar Adour 1. Il s’agit de l’abri durci, ou blockhaus pour les intimes. Ce local, construit et annexé au corps de bâtiment principal, est en service depuis 1997. La porte blindée est un véritable collector, puisqu’elle a été récupérée sur le pas de tir n°1. Egalement local de repli, cette salle est dédiée à la poursuite radar du lanceur. 

 Les évolutions techniques

La principale révolution de la station météo est le Radar Romuald, installé à la Montagne des Pères pour pallier à l’obsolescence du radar Rodin, après 15 ans de bons et loyaux services sur la tour du bâtiment météo. Issu d’une collaboration du CSG avec Météo-France, le projet Romuald remonte à 1998, avant d’être qualifié en 2001. Ce radar, qui tourne très vite, constitue un outil majeur et particulièrement fiable. Rodin reste cependant présent en renfort.  Une autre évolution particulièrement importante pour le service, l’équipement GPS des radiosondes depuis six ans. La station a également vécu "CSG 2000",  un projet destiné à préparer Ariane 5, qui a surtout permis de renouveler un certain nombre d’équipements.  Au passage, les fusées sondes, ou Super-Loki, ont été abandonnées dès le 4ème vol d’Ariane 5, après avoir déterminé la densité de l’air et la vitesse des vents à l’altitude de séparation des EAP. Côté ballons, l’hydrogène, trop dangereux, a été remplacé par de l’hélium. D’autre part, le système de détection des éclairs SAFIR a été remplacé en 2005 par THOR, plus précis.

Prochainement, les lancements de Soyouz et Vega vont engendrer de nouvelles et importantes évolutions et adaptations.

Pour Vega, en phase de lancement, il y aura peu de changements sur les équipements, car la zone demeure proche. Il faudra procéder à d’importantes modifications pour le transfert du lanceur en zone avant. Au départ de l’Usine de Propergol de Guyane située derrière la station, le transfert s’effectuera par route et non par rail ; la station météo se retrouvera alors dans la zone à risque. L’équipe météo en service devra donc opérer du local sécurisé qu’est le blockhaus. Par conséquent, il va falloir dupliquer un minimum d’équipements dans le blockhaus, au strict minimum les écrans. Enfin, l’équipe russe a déjà annoncé qu’elle souhaitait des prévisions à long terme pour Soyouz, intégrant de nouvelles contraintes sur l’humidité (problèmes de givrage des réservoirs), et sur les phénomènes météorologiques en général. Donc, en prévision, un gros travail de collaboration avec les Russes.

 

 

 


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