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Les applications du Spatial

La réduction de la fracture numérique


La fracture numérique qui isole encore les communes de l'intérieur du pays de celles du littoral et du reste du monde est susceptible d'être durablement et efficacement réduite par les technologies spatiales.

Le premier constat, c'est qu'une grande partie de la population de Guyane n'a pas accès aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Le fossé se creuse entre les communes du littoral et celles de l'intérieur du pays qui forment des zones enclavées où les habitants n'ont pas accès au savoir, à l'information. Or, seule la technologie spatiale peut réduire cette fracture car elle s'affranchit du secteur terrestre et donc des contraintes géographiques responsables de l'enclavement des communes. La technologie spatiale, dans ce cas précis, ce sont des liaisons satellite en bande C ou Ku, permettant, pour commencer, d'installer le téléphone dans ces communes. Une première opération a été menée fin 2001, dans le cadre d'un partenariat entre la Communauté des Communes de l'Ouest Guyanais (CCOG) et la Mission Guyane du CNES/CSG, sur la commune de Grand Santi avec l'installation d'une station satellite. Elle offre la possibilité, outre le fait de disposer de 4 à 6 communications téléphoniques simultanées, d'accéder à l'Internet et donc à la messagerie numérique. Par la suite, l'opérateur Outremer Télécom est entré dans le projet avec l'installation d'une station Vsat qui a permis l'arrivée du téléphone cellulaire dans la commune.

Mutualiser les besoins

Cependant, pour le CNES, la résorption de cette fracture numérique ne doit pas s'accompagner d'une fracture économique. L'idée est que la population des communes de l'intérieur ait accès à ces services au même prix que les abonnés de Cayenne . Il y aurait donc un investissement sur fonds publics, avec la participation de la Région, de l'Etat et de l'Europe, pour trouver l'équilibre, avec l'engagement de l'opérateur, pour la pérennisation de l'opération. La région pense en effet mutualiser le coût d'une bande passante en réunissant le plus grand nombre possible d'usagers ou d'abonnés pour un même canal. Si le prix de la liaison satellite ne change pas, plus les utilisateurs sont nombreux et plus le prix d'une communication baisse. L'hôpital de Cayenne, qui souhaite étendre la télé médecine aux autres communes de l'intérieur, le rectorat, qui envisage d'équiper les établissements scolaires de Guyane d'accès à Internet ou les organismes de formation qui se dirigent de plus en plus vers le télé enseignement sont des utilisateurs potentiels.

Aujourd'hui, le conseil régional a lancé un appel d'offres auprès des opérateurs potentiels pour équiper l'ensemble des sites isolés de Guyane. France-Telecom, Outremer Telecom et Eutelsat sont en lice, mais Eutelsat ne peut proposer de liaison en bande Ku, or cette solution semble être la mieux adaptée à la Guyane en raison des contraintes climatiques. Pour la bande C, il faut disposer d'un satellite situé au-dessus de la Guyane. Eutelsat peut donc faire une proposition avec cette technologie. Mais même si celle-ci reste moins cher, ce n'est cependant pas la meilleure solution pour la Guyane car en cas de pluie, la liaison en bande C ne passe pas. Certes, il y aussi la possibilité d'utiliser des stations Inmarsat. Initialement dédiées à la télé médecine, ces stations présentent toutefois l'inconvénient d'être relativement onéreuses et d'avoir un faible débit. Il faut donc trouver des solutions plus performantes.

Des cours virtuels pour des élèves réels

Pour la télé-médecine, le télé-enseignement ou les visio-conférences, la bande C est encore la solution qui permet le plus grand nombre d'applications à un prix raisonnable. C'est ainsi que le télé enseignement va pouvoir faire ses premiers pas en Guyane. Les participants à l'UCAM ont en effet pu découvrir un outil de tutorat à distance, appelé Edu4, constitué d'une salle d'enseignement pluridisciplinaire où se trouve un système de pilotage et de supervision des postes informatiques des élèves. Permettant également la diffusion d'images ou de sons à partir de différentes sources audiovisuelles, cet outil pourrait apporter une réponse technique au problème d'enclavement dès lors que les liaisons nécessaires seront établies dans les communes concernées. En attendant, les organismes de formation tel ou le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), ont commencé à développer la pédagogie en ligne. Salle multimédia pour la formation en bureautique, avec supports de cours en ligne, ou studio de transmission à distance pour suivre les cours sans se déplacer, les nouvelles technologies de l'information modifient notre conception de l'enseignement classique et apportent des éléments de réponse aux problèmes liés à l'éloignement ou à la mobilité des personnes, à l'isolement...

Petit à petit, la Guyane se met donc au diapason de la société mondiale de la communication en s'insérant dans le vaste réseau des technologies de l'information. Un enjeu d'autant plus important pour les communes de l'intérieur du pays qu'il n'existe pas d'infrastructures routières et que le satellite reste actuellement la seule solution à l'enclavement.

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