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Tortue Luth et la balise Argos


La Guyane peut s’enorgueillir d’être le dernier site au monde où viennent pondre les tortues luths. Mais faut-il se réjouir d’une telle exclusivité alors que nous assistons sans doute au déclin d’une espèce animale ? C’est justement pour comprendre les raisons de ce phénomène que cette tortue marine est étudiée et suivie à l’aide des satellites.

Sur la plage des Hattes, dans la commune amérindienne d’Awala-Yalimapo, des scientifiques et membres d’associations de protection de la nature s’affairent autour d’un imposant reptile « chélonien dermochélyidé », autrement dit, une tortue luth. L’opération semble délicate : il s’agit d’installer une balise Argos sur le dos de la tortue, à l’aide d’un harnais, en veillant à ce que cet appareillage ne gêne pas ses mouvements.

Le but de cette installation ?

Suivre, en temps réel à l’aide de systèmes satellitaires, les déplacements et le comportement de cette espèce encore mal connue, pour découvrir les raisons de son déclin.

Car la tortue luth est une espèce menacée.

On estime que sa population mondiale est passée de 115 000 individus en 1980 à moins de 30 000 femelles en 1996.

En Guyane, le nombre de pontes est passé de 50 000 en 1992 à moins de 10 000 en 2000. Prédateurs naturels, activités humaines (pêche, pollution des océans, urbanisation des plages…) et autres paramètres climatiques sont certainement à l’origine de sa disparition progressive.

Mais des mesures pourraient être prises, au moins en ce qui concerne les activités humaines, pour participer à la conservation de l’espèce. En connaissant mieux les routes migratoires de cette tortue marine qui compte parmi les plus grosses du monde, une réglementation précise des pêches dans les zones sensibles mettrait un terme aux comportements les plus dangereux pour la tortue luth.

Pour établir ces zones de déplacement, en migration ou en période de reproduction, le CEPE-CNRS(*) a entrepris le suivi des trajets de plusieurs femelles avec des balises Argos. La DIREN (**) de Guyane, le WWF, le Cnes, le CLS-Argos et la réserve naturelle de l’Amana sont les partenaires majeurs de cette étude, avec les associations de protection de l’environnement, notamment Kwata.

Au total, 25 balises Argos seront posées sur les tortues luth nidifiant dans les principales zones de ponte connues autour de l'Atlantique : Panama, Suriname, Guyane, Gabon.

(*) CEPE-CNRS : Centre d’écologie et physiologie énergétiques du Centre national de la recherche scientifique
(**) DIREN : Direction régionale de l’environnement

En savoir plus

Suivre le trajet des tortues luth sur panda.org
Un site sur les satellites, les balises et les petits chercheurs
La réserve de l’Amana
site sur la tortue luth
Guyane française, tortues et autres curiosités
 
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