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Les applications du Spatial

Des satellites pour la Guyane


Les technologies d’observation de la Terre sont à maturité pour répondre aux besoins actuels de connaissance et de surveillance des milieux et des sociétés. Ces technologies ouvrent la voie à des applications de gestion des ressources et de l’environnement. Les perspectives de développement sont dans ce domaine considérable en Guyane. En accueillant sur son sol le projet SEAS (Surveillance de l’Environnement Amazoniens par Satellite), la Guyane devient un des principaux leader mondiaux en matière d’application de télédétection.

Des technologies spatiales utilisées pour observer la Terre

La spatialisation et plus généralement la cartographie occupent une place grandissante dans les recherches sur les milieux et les sociétés. En Guyane les gestionnaires de l’environnement et les décideurs doivent analyser des phénomènes de grande ampleur : croissance urbaine, démographie, dynamique des milieux, pratiques culturales. Pour toutes ces problématiques la spatialisation apporte des réponses.

En effet, la principale difficulté pour les gestionnaires chargés d’étudier ces phénomènes est qu’ils ont une connaissance partielle des milieux étudiés. La Guyane ne dispose pas de bases de données historiques, d’expertises ou de systèmes de planification développés. Pour disposer d’informations nécessaires au suivi des ressources, à la surveillance de phénomènes dynamiques et à la gestion de l’environnement, il faut mettre en œuvre différentes méthodes (traitement d’images, cartographie…). Mais celles-ci ne sont généralement pas suffisantes.

En revanche, la télédétection peut apporter une source d’information spatialisée nouvelle. Les données de l’observation de la Terre qui en résulte sont à la fois :

  • des instruments d’analyse et de synthèse
  • des preuves
  • des témoins des évolutions
  • des outils de communication et de transfert

Elles ont également démontré leur efficacité dans la valorisation et l’utilisation des connaissances des milieux tropicaux. Mais il s’agit aujourd’hui d’aller plus loin dans l’application de ces technologies pour qu’elles soient au service de la société et de ses problématiques.

La télédétection au service de la Guyane

L’utilisation de la télédétection n’est pas nouvelle en Guyane. Dès 1988, l’ORSTOM, devenu depuis l’IRD, a réalisé des cartes à partir de données satellites qui ont permis de :

  • caractériser les dynamiques du littoral
  • cartographier les forêts dégradées
  • suivre les dynamiques urbaines
  • suivre les zones humides

Cependant faute de station de réception pour disposer de données exploitables, ces travaux sont restés limités à des études à posteriori en fonction des images disponibles ou programmées. Il a ainsi fallu 2 ans de programmation de Spot pour obtenir quelques images destinées à cartographier certaines parties du barrage de Petit Saut.

Cette expérience a cependant montré que l’on peut cartographier l’extension de la zone d’eau et même quantifier les volumes d’eau entre deux dates d’image. Mais sans données, ces méthodes ne peuvent pas être utilisées de façon opérationnelle malgré l’intérêt majeur de ces résultats pour la gestion des écosystèmes.

De même, les cartes d’occupation du sol réalisées par télédétection permettent de suivre l’évolution des communes. Mais en raison du manque de données exploitables, le projet a été stoppé.

La station de réception SEAS

Toutes ces contraintes ont abouti à la mise en place du projet SEAS (Surveillance de l’Environnement Amazonien par Satellite) pour palier ces faiblesses. Celui-ci prévoit l’installation d’une antenne de réception des données SPOT et ENVISAT sur le territoire guyanais. Les décideurs locaux, les organismes de recherche et les structures universitaires de la Guyane ont un accès permanent aux données fournies par ces satellites.

Cette station offre 2 avantages :

  • Elle permettra d’augmenter le nombre d’images acquises dans la région grâce à l’accès aux données des satellites SPOT et ENVISAT.
  • Elle augmentera aussi la probabilité d’avoir des images non perturbées par les nuages.

Le rôle du CNES

Pour le projet SEAS, le CNES/CSG apporte son expérience dans la mise en place d’infrastructures et ses compétences techniques pour exploiter la station de réception. Concrètement, le CNES a permis l’installation de l’antenne sur son site de la colline Montabo. L’opération a tout d’abord consisté à installer les infrastructures nécessaires pour la construction d’une antenne de 4,50 m de diamètre ainsi que des unités d’acquisition, de catalogage et de traitements opérationnels. Ces derniers doivent permettre d’acquérir, traiter et diffuser des données issues des capteurs embarqués sur les satellites SPOT 4, 5 et ENVISAT.

Par ailleurs, la CNES/CSG participe également au financement des 75% des frais d'installation cette station car le projet SEAS s’inscrit parfaitement dans les objectifs du CNES/CSG par :

  • la mise en place de cette station de réception.
  • l’association de nouveaux partenaires publics et privés pour la réalisation et l’exploitation de la station.
  • la mise en place de conditions favorables à l’émergence de formations universitaires et à la création d’entreprises dans le domaine de l’innovation.


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