Soyouz en Guyane
Soyouz : un risque pour la santé ?
Les informations parues dans la presse au sujet d’une étude russe concernant l’impact de l’activité spatiale à Baïkonour sur la santé des populations locales, ont suscité des questions liées à l’implantation du lanceur SOYOUZ en Guyane auxquelles le CNES répond.
D’une manière générale, la protection des personnes, des biens et de l’environnement constitue la priorité absolue des activités du CNES/CSG et tout lanceur mis en œuvre à partir du Centre Spatial Guyanais respecte et respectera les exigences réglementaires françaises, sous le contrôle des autorités. Les lancements effectués au Centre Spatial Guyanais, quelle que soit la mission, sont effectués en direction de la mer. C’est une des raisons principales qui ont conduit au choix de ce site en cohérence avec les objectifs de sauvegarde du CNES/CSG.
Les caractéristiques du lanceur Soyouz en Guyane
Le lanceur SOYOUZ utilise pour sa propulsion principalement de l’oxygène liquide (183 tonnes environ) et du kérosène (74 tonnes environ), qui ne présentent pas de caractère toxique intrinsèque. Les produits de combustion sont identiques à ceux issus de la combustion des moteurs des véhicules automobiles ou des moteurs d’avion (mono oxyde de carbone, dioxyde de carbone, hydrogène et oxygène, etc.)
Seul l’étage supérieur FREGAT utilise des ergols stockables : un comburant (le peroxyde d’azote de 3,8 tonnes environ), un carburant (l’UDMH, dimethylhydrazine dissymétrique, de 2,35 tonne environ) et de l’hydrazine (environ 70 kg). La mise à feu du moteur intervient au delà d’une altitude de 150 Km et ces ergols ne présentent alors aucun impact. Enfin, les satellites utilisent également des ergols stockables de même nature (dérivé du peroxyde d’azote et dérivé hydraziné), utilisés durant leur vie orbitale.
Les règles de sauvegarde au Centre Spatial Guyanais
La toxicité de ces ergols a fait l’objet d’études particulières dont les conclusions sont prises en compte dans les règles de sauvegarde, dans toutes les situations : phase de stockage et en œuvre au sol, déroulement nominal en vol, ainsi qu’en cas d’accident en vol.
Le risque toxique lors de la phase de lancement est maîtrisé par la définition des contraintes sur la trajectoire (notion de couloir de vol autorisé) et les contraintes sur les conditions météorologiques (conditions de vent) acceptables pour le lancement.
Ces précautions garantissent la protection des personnes, aussi bien en situation nominale qu’accidentelle.
Les étages retombant en mer, au delà de 350 Km, sont équipés de dispositifs permettant de procéder à leur neutralisation, sans risque de contamination pour l’homme et de les couler afin d’éviter toute épave flottante.
L’étude non publiée à l’origine des articles parus dans la presse, semble faire référence essentiellement au lanceur russe PROTON, qui est différent du lanceur SOYOUZ.
La nature même des lanceurs, les modes de lancement, le choix du site (large ouverture vers l’océan), les règles de protection des personnes des biens et de l’environnement appliquées au CSG et la surveillance de l’environnement de la Base qui est faite avec des organismes indépendants, permettent d’affirmer que les conclusions de cette étude, telles qu’elles ont été rapportées, ne sont pas transposables dans le cadre du projet SOYOUZ en Guyane.
La préparation de l'arrivée du nouveau lanceur Soyouz
Toute évolution du CSG, notamment celle majeure consistant à accueillir un nouveau lanceur, doit r
Le CNES/CSG participe donc systématiquement aux études relatives à de telles évolutions et parallèlement, assure pleinement son rôle d’autorité technique en matière de sauvegarde et de sûreté auprès des instances étatiques.
Il s’agit notamment de :
Finaliser le schéma directeur des installations de la base spatiale et garantir la cohérence pour l’ensemble des installations du CSG (EPCU, Base de Lancement, y compris les installations industrielles, le BEAP et les Ensembles de Lancement Ariane, Vega et Soyouz), en s’appuyant sur l’autorité de conception d’ensemble, c’est-à-dire la Direction des Lanceurs du CNES.
Préparer l’arrivée des lanceurs Soyouz et Vega notamment en apportant une expertise dans le domaine de la sauvegarde (vol/sol), en veillant au strict respect de la Doctrine de Sauvegarde du CNES et du Règlement de sauvegarde du CSG, dans le cadre de la loi spatiale, en cours de préparation.
Les adaptations techniques du lanceur Soyouz sont en cours de qualification. Les études nécessaires au comportement en vol du lanceur Soyouz ont été conduites en partenariat avec la partie Russe et ont fait l’objet de nombreuses réunions techniques afin de compléter les études de sauvegarde.
Sur la partie mise en œuvre au sol de l’Ensemble de Lancement Soyouz (ELS), la définition précise des infrastructures a été validée après la revue classique de projet. Le dossier a fait l’objet d’une demande d’autorisation d’exploiter auprès des autorités compétentes. Ce dernier comprend principalement une étude de dangers et une étude d’impact sur l’environnement, qui a fait l’objet d’une enquête publique début 2006, conformément aux procédures en vigueur. Le permis de construire a été délivré par la Préfecture de Guyane en juin 2006.
Le Plan de Mesures Environnement Soyouz
Un plan de mesures sera mis en place afin d’évaluer l’impact des activités de lancement de Soyouz sur l’environnement. Les grands axes étudiés seront :
La qualité de l’air (analyse des produits de combustion émis lors du lancement)
Le suivi des traces de combustion par l’intermédiaire de moyens optiques
La qualité chimique et biologique des eaux de surface (suivi de la faune piscicole et des invertébrés aquatiques) et des eaux souterraines
La qualité des sédiments
La qualité des eaux du carneau
La mesure du bruit et des vibrations émis lors du décollage du lanceur
L’impact sur la flore
L’impact sur la faune terrestre.
Le plan de mesures sera mis en place en temps réel lors des lancements et sur le long terme lors des suivis annuels notamment faunistiques.
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