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Le CNES et la Guyane

Les Iles du Salut


Connu des premiers navigateurs européens sous le nom d’îles du Triangle, les îles du Salut doivent leur nom actuel et leur sinistre réputation à deux épisodes tragiques de la colonisation de la Guyane : l’expédition de Kourou en 1763 et l’instauration du Bagne en 1854. Aujourd’hui les Iles ont acquis une dimension stratégique pour les activités spatiales et le tourisme.

Quelques repères

A partir de 1763, la France envoie plusieurs convois en Guyane pour permettre le peuplement de ce territoire. Mais les installations sommaires, le manque de nourriture et les épidémies font de nombreuses victimes. Les survivants trouvent refuge sur les îles. On les nomme alors Iles du Salut.

Sous le Second Empire, dès 1854, le bagne est ouvert. En 1887 la transportation est décidée vers la Guyane pour des célébrités des assises, des déportés politiques, des espions ainsi qu’aux fortes têtes. Du Capitaine Dreyfus à Guillaume Seznec en passant par Lagrange et Papillon, ce sont plusieurs centaines de bagnards qui seront déporté aux Iles du Salut.

En 1939, la fin du bagne est votée puis dans les années soixante, le destin des îles est modifié : le CNES s’installe à Kourou. Les îles du Salut sont situées sous la trajectoire des lanceurs et représentent un site stratégique. En 1965, elles deviennent la propriété du CNES.

L’action du CNES

Les Iles du Salut, à partir de la fin du bagne et jusqu’à la décision par le Général de Gaulle en 1964 d’implanter un Centre Spatial en Guyane, connaissent un délabrement et un envahissement du fait d’une nature luxuriante qui reprend ses droits.

La remise en état de ce patrimoine historique et culturel est intimement liée à la volonté du Centre National d’Etudes Spatiales de faire revivre et connaître cette période de l’histoire de France.

Depuis 1965 le CNES a permis la restauration des bâtiments des Iles du Salut, notamment :

  • la maison Dreyfus sur l'Ile du Diable
  • la Maison du Directeur (transformée en Musée du Bagne)
  • le carbet Seznec
  • les 27 cellules du quartier des condamnés
  • la Chapelle de Royale

Une vocation touristique

Dans les années 1980, la vocation touristique des îles se confirme. Le CNES prend l’initiative de sauvegarder une partie du patrimoine historique du bagne, afin de permettre le développement du tourisme en même temps qu’une protection durable des îles.

Les principales réalisation décidées sont alors : la construction d’un hôtel, la réfection du réseau de distribution d’eau et d’électricité et divers travaux d’entretien. Ces travaux de rénovation et de valorisation, y compris ceux réalisés à l’Eglise et au Musée, n'ont pas empêché l'Ile Royale de conserver un cachet authentique, chargé d'histoire. Chaque année, les Iles du Salut attirent près de 50 000 visiteurs ce qui les place en tête des sites les plus visités de Guyane.

En 2007 : le CNES a présenté les travaux de restauration et les nouveaux aménagements réalisés à la chapelle de l'Ile Royale. Classée monument historique, la chapelle fait l'objet d'un programme de rénovation depuis 1999, sous la maîtrise d'ouvrage d'AGAMIS* : remise à niveau du gros oeuvre, restauration des fresques sur bois réalisées par le faussaire Franis Lagrange, nouveau mobilier, etc.

Pour le touriste qui débarque sur la jetée du marin, à l'Ile Royale, il est bien difficile d'imaginer les coûts, les difficultés et les contraintes que l'entretien de ces sites génèrent. Des difficultés en approvisionnement en eau (il n'y a que de l'eau de pluie sur l'île), des coûts d’énergie élevés, les surcoûts et la difficulté d’encadrement des chantiers représentent des handicaps qui n'ont pas empêché l'archipel de connaître un véritable engouement touristique.

Aujourd’hui l’objectif est de faire de l’Ile une réserve naturelle de végétaux et d’animaux avec la présence de singes, d’agoutis et la réintroduction d’espèces végétales…

*AGAMIS : créée en 1999, cette association regroupe le CNES et le Conservatoire pour l'Espace Littoral et les Rivages Lacustres (CELRL).

Les Iles du Salut et les activités spatiales

Pour les besoins de ses activités, le CNES a réalisé plusieurs aménagements sur l’île Royale, notamment l’installation en 1968, d’un cinéthéodolithe, système optique de poursuite et d’observation des lanceurs, remplacé depuis 1995 par un cinétélescope.

Le ciné télescope K400 de l’Ile Royale est le moyen le plus puissant dont dispose le CNES pour visualiser et filmer tous les évènements lanceur pouvant survenir pendant la phase de vol jusqu’à la perte de vue optique comme le largage des propulseurs d’appoint, la séparation des étages et toute éventuelle anomalie. Les différents films produits dans le domaine du visible et de l’infrarouge sont ensuite exploités par Arianespace et les industriels.

Pour les lancements Ariane 5, l’évènement le plus souvent visible est la séparation coiffe (110 km) et parfois la séparation de l’Etage Principal Cryotechnique (EPC) et l’allumage de l’Etage à Propergols Stockables (EPS), de même que l’allumage de l’Etage à ergols cryotechniques pour Ariane 5 ECA.

Pour en savoir plus
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